DES COUTUMIERS, ARTISTES, ELUS, SYNDICALISTES, PROFESSIONNELS, CADRES DE L'ADMINISTRATION, HOMMES ET FEMMES, MILITANTS DES DROITS HUMAINS, UNIVERSITAIRES SE MOBILISENT POUR LE RESPECT DES DROITS DU CITOYEN COUTUMIER JEAN WAIKEDRE ET DE SA SOCIETE TAKONE DU DISTRICT DE GUAHMA ARBITRAIREMENT EXCLUS DE LIFO
?Nous, signataires de la présente lettre-pétition, élevons nos voix solidaires, quelques jours après les manifestations organisées par Wetr Tapaka , pour exprimer notre refus de l’arbitraire qui semble prévaloir dans l’affaire de la Filière santal à la Province des Iles, subvertissant ainsi, une fois de plus, les fondations de notre coutume.
Emblématique de cet état de choses émerge le cas Jean WAIKEDRE et de sa Société TAKONE évincés par les autorités coutumières sous la pression de Wet TAPAKA de manière injuste et cavalière, pour des raisons, coutumièrement, juridiquement et économiquement infondées.
Dans ce dernier cas, la réaction de Jean WAIKEDRE est d’autant plus remarquable puisqu’il a suivi sans contestation après avoir fait une coutume de remerciement et d’au revoir à la grande chefferie de LÖSI. Il s’agit d’un enfant de chez nous, ingénieur en procédés pharmaceutiques et diplômé en biochimie qui a milité pour le développement des Iles, dans une mission visant à conforter et renforcer nos aspirations citoyennes d’insulaires.
Au-delà, de l’instrumentalisation de nos grandes chefferies de Lifou, celles-ci demeurent cependant une référence institutionnelle et souveraine à haute valeur éthique, identitaire, garantie pour l’avenir de notre pays en construction. Elles sauront, dans un esprit de cohésion empreint de sagesse et de force, par des voies qui leur appartiennent, renouer l’attache qui a été fraîchement défait.
Ainsi elles auront fait valoir, pour le présent et pour l’avenir, la nécessité de sauvegarder et de garantir le soubassement juridico-coutumier indispensable au projet de construction d’un pays démocratique.
Jean WAIKEDRE mérite le support des hommes et des femmes conscients du devoir de s’engager pour les valeurs de notre coutume, pour le droit kanak, pour le droit tout court, pour la démocratie et le développement économique raisonné et durable libre et honnête basé nos sur nos valeurs. Avec la justice pour boussole, cette lettre-pétition nous invite soutenir le retour de Jean WAIKEDRE et la réhabilitation des activités de TAKONE sur Nöje Drehu, Nöje Ne Ihnim, Nöj hna amanathithin.
En dépit des failles évidentes dans le processus d’exclusion, en dépit du lourd silence inquiétant autour de cette affaire nous venons en silence avec toute l’humilité que l’on doit, devant la porte de nos chefs de clans respectifs, devant celles de nos petits chefs, devant celles de nos Atresi et celles des grandes chefferies respectives, vous montrer par un signal net, empreint de loyauté coutumière y, civique et politique, notre volonté de nous extraire, tous, Wet TAPAKA et ses partisans, Jean WAEKEDRE et ses partisans, les politiques, et les coutumiers de cette affaire qui risque de mettre en péril notre bien commun, notre dignité.
Petition:?Que Jean WAIKEDRE soit reconsidéré, avec sérénité et dignité, pour sa réintégration légitime à Nöje Drehu.?Que les activités de TAKONE dans le cadre de la filière du santal reprennent sur Nöje Drehu.?Que les questionnements et aspirations des coupeurs de santal de Drehu amenés par une démarche coutumière, feraient l’objet de discussions si, et seulement si ce cadre initial est rétabli à Nöje Drehu.
?Hommes, Femmes, Politiques, Religieux et coutumiers, artistes et chefs d’entreprise, nous signons cette pétition, comme un signal fort, sans obligation aucune, en posant sur l’humilité et le respect, la confiance envers nos grandes chefferies, à leurs capacités de protecteurs.
Les signataires